Vendre des bijoux

Comment bien vendre ses bijoux ?

Vendre des bijoux demande souvent plus de précautions que vendre simplement de l’or. Une bague, un bracelet, un collier ou une montre peuvent avoir plusieurs valeurs différentes : celle du métal précieux, celle des pierres, celle de la marque, celle du travail de joaillerie et parfois même une valeur historique ou de collection.

La principale erreur consiste donc à regarder uniquement le poids du bijou.

Pour bien vendre ses bijoux en Suisse, il faut commencer par comprendre exactement ce que l’on possède avant d’accepter une offre.

Commencer par identifier les bijoux

Avant toute estimation, il est utile de séparer les différents objets.

On peut par exemple distinguer :

  • bijoux en or ;
  • bijoux en argent ;
  • bijoux en platine ;
  • bijoux sertis de pierres ;
  • bijoux signés ;
  • bijoux anciens ;
  • montres ;
  • pièces de joaillerie ;
  • bijoux cassés ou incomplets.

Cette première classification permet déjà de comprendre que tous les objets ne doivent pas être évalués de la même manière.

Une chaîne cassée en or peut principalement valoir pour son métal.

Une bague ancienne signée peut au contraire avoir une valeur largement supérieure à son poids.

Vérifier les poinçons

Les poinçons donnent des indications importantes sur la composition du bijou.

Pour l’or, on retrouve notamment :

375 pour l’or 9 carats
585 pour l’or 14 carats
750 pour l’or 18 carats
916 pour l’or 22 carats
999 pour de l’or presque pur

Pour l’argent, le poinçon 925 est particulièrement courant.

Le platine possède également ses propres indications de titre.

Le poinçon ne détermine pas à lui seul la valeur du bijou, mais il constitue une première information essentielle.

Ne pas considérer automatiquement un bijou comme de l’or à fondre

C’est probablement le point le plus important.

Lorsqu’un professionnel rachète un bijou uniquement pour récupérer le métal, son estimation repose principalement sur :

poids × pureté × valeur du métal.

Cette méthode est parfaitement logique pour un bijou cassé, très abîmé ou sans intérêt particulier.

Mais elle peut être totalement inadaptée pour une pièce de joaillerie recherchée.

Une bague qui contient 600 CHF d’or pourrait éventuellement valoir beaucoup plus si elle provient d’une grande maison, possède une belle pierre ou présente un intérêt historique.

Il faut donc toujours se demander :

Mon bijou vaut-il davantage comme bijou que comme métal ?

Rechercher la marque ou la signature

Certaines pièces portent une signature ou un poinçon de fabricant.

Les bijoux provenant de maisons connues peuvent être recherchés sur le marché de l’occasion.

La marque n’assure toutefois pas automatiquement une valeur élevée.

Le modèle, l’époque, l’état, la rareté, les matériaux et la demande jouent également un rôle.

Une pièce particulièrement recherchée peut bénéficier d’une valeur de revente importante.

À l’inverse, certains bijoux pourtant coûteux à l’achat peuvent subir une forte décote sur le marché de seconde main.

Conserver les boîtes et documents

Lorsqu’ils existent, les documents originaux peuvent avoir une véritable importance.

Il peut s’agir :

  • de la facture ;
  • du certificat d’origine ;
  • d’un certificat gemmologique ;
  • de l’écrin ;
  • d’une garantie ;
  • de documents de la maison de joaillerie.

Pour une pièce haut de gamme, la présence de l’ensemble complet peut faciliter la revente.

Il ne faut donc jamais jeter l’écrin ou les papiers avant d’avoir fait évaluer le bijou.

Faire attention aux pierres

Les pierres représentent un élément majeur de l’évaluation.

Une bague peut contenir :

  • un diamant ;
  • un rubis ;
  • un saphir ;
  • une émeraude ;
  • une pierre semi-précieuse ;
  • une pierre synthétique ;
  • une imitation.

La valeur dépend ensuite de nombreux critères.

Pour un diamant, par exemple, les professionnels prennent généralement en compte son poids, sa couleur, sa pureté et sa qualité de taille.

Pour les pierres de couleur, l’origine, la qualité, la couleur, le traitement éventuel et la rareté peuvent jouer un rôle déterminant.

Il est donc important de demander :

« Est-ce que votre estimation tient compte de la pierre ou uniquement du métal ? »

Une pierre peut valoir davantage que la monture

Dans certains bijoux, l’or représente une fraction relativement faible de la valeur totale.

Une bague de quelques grammes peut par exemple contenir une pierre de grande valeur.

Si l’acheteur estime uniquement l’or, le vendeur risque alors d’accepter un prix très inférieur à la valeur réelle de l’ensemble.

Les pièces comportant des diamants importants ou des pierres rares méritent donc une expertise spécifique.

Les bijoux anciens doivent être évalués avec prudence

Un bijou ancien ne doit pas nécessairement être modernisé, nettoyé ou démonté avant l’estimation.

Certains objets possèdent une valeur liée à :

  • leur époque ;
  • leur style ;
  • leur fabrication ;
  • leur provenance ;
  • leur rareté ;
  • leur état d’origine.

Un bijou Art déco, Art nouveau ou provenant d’une période particulière peut intéresser des collectionneurs.

Dans ce cas, la valeur historique ou esthétique peut devenir plus importante que celle du métal.

Ne pas faire réparer automatiquement avant la vente

Un bijou cassé ne doit pas forcément être réparé avant d’être vendu.

Une réparation coûteuse ne garantit pas que le prix final augmentera dans les mêmes proportions.

Pour un bijou destiné principalement au rachat de métal, la réparation ne présente généralement aucun intérêt.

Pour une pièce de joaillerie ou un bijou de marque, il peut en revanche être utile de demander l’avis d’un professionnel avant d’intervenir.

Faire attention au nettoyage

Un nettoyage léger peut améliorer la présentation d’un bijou moderne.

Mais il faut être beaucoup plus prudent avec les objets anciens.

Certains traitements trop agressifs peuvent :

  • endommager une pierre ;
  • modifier une patine ;
  • fragiliser un sertissage ;
  • altérer une finition ;
  • réduire l’intérêt historique de la pièce.

Dans le doute, mieux vaut présenter le bijou dans son état actuel.

Faire peser le bijou devant soi

Lorsque le prix repose principalement sur le métal, la pesée doit être transparente.

Le professionnel doit pouvoir expliquer :

  • le poids total ;
  • le poids éventuellement exclu ;
  • le titre du métal ;
  • la méthode utilisée ;
  • le montant proposé.

Les pierres peuvent évidemment influencer le poids total.

Dans certains cas, elles sont donc déduites pour calculer uniquement le poids du métal précieux.

Le vendeur doit pouvoir comprendre clairement ce calcul.

Comprendre la différence entre estimation et prix de rachat

Une estimation peut indiquer la valeur théorique ou commerciale d’un bijou.

Le prix de rachat correspond à ce qu’un professionnel est réellement disposé à payer.

Les deux chiffres peuvent être différents.

Un bijou pourrait par exemple être estimé à 4’000 CHF dans certaines conditions de vente, mais faire l’objet d’une offre de rachat inférieure si le professionnel doit ensuite le stocker, le restaurer, le garantir et trouver un acheteur.

Il faut donc toujours demander :

« Combien me versez-vous réellement si je vends aujourd’hui ? »

Comparer plusieurs offres

Pour un bijou de valeur, il est souvent pertinent de demander plusieurs évaluations.

Mais il faut comparer des professionnels ayant une compétence adaptée au type de bijou.

Pour une simple chaîne cassée en or, un spécialiste du rachat de métaux précieux peut être parfaitement adapté.

Pour une bague ancienne avec diamant ou un bijou signé, il peut être préférable d’obtenir également l’avis d’un spécialiste en joaillerie ou en objets anciens.

La meilleure offre ne vient pas toujours du même type d’acheteur.

Vente immédiate ou dépôt-vente ?

Deux grandes logiques existent.

Le rachat immédiat

Le professionnel achète directement le bijou.

Le vendeur reçoit rapidement son argent et la transaction est terminée.

Cette formule privilégie généralement la simplicité et la rapidité.

Le dépôt-vente

Le bijou est proposé à la vente pour le compte de son propriétaire.

La vente peut éventuellement permettre d’obtenir davantage, mais elle peut prendre du temps et dépendre de la présence d’un acheteur.

Il faut également comprendre la commission du professionnel et les conditions du contrat.

Les plateformes entre particuliers

Il est également possible de vendre directement à un particulier.

Cette méthode peut parfois permettre d’obtenir un prix supérieur, mais elle demande davantage de travail.

Il faut notamment :

  • présenter correctement le bijou ;
  • déterminer son prix ;
  • gérer les demandes ;
  • organiser le paiement ;
  • sécuriser la transaction ;
  • éviter les tentatives d’escroquerie.

Pour des bijoux de grande valeur, la sécurité de la rencontre et du paiement devient particulièrement importante.

Bien photographier un bijou destiné à être vendu

Pour une vente en ligne, les photos jouent un rôle essentiel.

Il est préférable de montrer :

  • le bijou complet ;
  • les poinçons ;
  • la signature ;
  • les pierres ;
  • le fermoir ;
  • les éventuelles traces d’usure ;
  • l’écrin et les documents.

Il ne faut pas chercher à masquer les défauts.

Une présentation précise augmente généralement la confiance de l’acheteur.

Ne pas confondre prix d’achat et valeur actuelle

Un bijou acheté 5’000 CHF quelques années auparavant ne vaut pas automatiquement 5’000 CHF aujourd’hui.

Le prix initial pouvait inclure :

  • la marge du détaillant ;
  • la marque ;
  • le travail de fabrication ;
  • la distribution ;
  • le marketing ;
  • les taxes ;
  • le service après-vente.

Sur le marché de l’occasion, la logique est différente.

Certains bijoux conservent très bien leur valeur.

D’autres subissent une décote importante.

Il vaut donc mieux partir de la valeur actuelle du marché que du prix sentimental ou du prix payé à l’origine.

La valeur sentimentale n’est pas toujours financière

Les bijoux hérités posent souvent une question particulière.

Une bague ayant appartenu à un parent peut avoir une valeur émotionnelle extrêmement importante, mais une valeur marchande relativement modeste.

Avant une vente définitive, il faut donc se demander si l’objet risque d’être regretté.

Une fois le bijou vendu et éventuellement fondu, il sera généralement impossible de le récupérer.

Les bijoux issus d’un héritage

Lors d’un héritage, il peut être judicieux d’éviter de vendre immédiatement l’ensemble du lot.

Il faut d’abord identifier les pièces.

Un lot peut contenir :

  • bijoux ordinaires ;
  • or destiné au rachat ;
  • pièces de marque ;
  • pierres intéressantes ;
  • montres ;
  • objets anciens.

Une évaluation globale trop rapide peut conduire à sous-estimer certaines pièces.

Les montres demandent une expertise particulière

Une montre en or ne doit pratiquement jamais être évaluée uniquement en fonction du poids du boîtier.

Le mouvement, la marque, la référence, l’état, le bracelet, le cadran et les documents peuvent fortement influencer sa valeur.

Certaines montres peuvent valoir plusieurs fois la valeur de l’or qu’elles contiennent.

Avant de vendre une montre connue, il est donc recommandé d’identifier précisément le modèle.

Demander une offre détaillée

Pour une vente sérieuse, le vendeur doit pouvoir comprendre le prix.

Une offre peut notamment préciser :

Bijou : bague en or 18 carats
Poids : 12 g
Pierre : évaluée séparément ou non
État : bon / moyen / à restaurer
Valeur du métal : prise en compte
Valeur commerciale éventuelle : prise en compte
Offre finale : X CHF

Ce type de présentation permet de savoir exactement ce que l’acheteur valorise.

Vérifier les conditions de paiement

Avant de conclure la vente, il faut comprendre comment et quand le paiement sera effectué.

Selon le montant et le professionnel, différentes solutions peuvent être proposées.

Pour une transaction importante, il est particulièrement utile d’obtenir un document ou un reçu indiquant clairement :

  • l’identité des parties ;
  • la description des objets ;
  • le montant ;
  • la date ;
  • le mode de paiement.

La pièce d’identité

Un professionnel peut demander une pièce d’identité lors du rachat.

Cette procédure participe à la traçabilité des transactions et peut également renforcer la sécurité du marché.

Pour le vendeur, cela permet aussi de travailler avec un professionnel appliquant des procédures structurées.

Quand vendre plusieurs bijoux ensemble ?

Un lot de bijoux ne doit pas nécessairement être vendu à un seul acheteur.

Il peut être plus intéressant de séparer :

les bijoux cassés en or, destinés principalement au rachat du métal ;

les bijoux signés, éventuellement destinés au marché de l’occasion ;

les bijoux anciens, pouvant intéresser les collectionneurs ;

les pierres importantes, qui méritent parfois une expertise particulière.

Cette stratégie demande davantage de temps mais peut améliorer la valorisation globale d’une collection.

Les principales erreurs à éviter

La première erreur est de vendre sans connaître la nature du bijou.

La deuxième consiste à accepter une estimation uniquement basée sur le poids alors que l’objet possède peut-être une valeur supplémentaire.

La troisième est de considérer le prix d’achat initial comme une garantie de valeur.

La quatrième est de vendre dans l’urgence sans comparer.

La cinquième est de négliger les pierres, les signatures, les certificats ou l’histoire du bijou.

Comment bien vendre ses bijoux en pratique ?

Une bonne méthode consiste à suivre cette logique :

identifier le bijou → chercher les poinçons → rechercher la marque → retrouver les documents → identifier les pierres → déterminer si l’objet possède une valeur particulière → demander une première estimation → comparer les offres → choisir le mode de vente adapté.

Pour un bijou ordinaire en or, le poids et la pureté restent souvent les critères principaux.

Pour une pièce de joaillerie, un bijou ancien ou un objet signé, l’analyse doit aller beaucoup plus loin.

Le bon principe à retenir

Bien vendre ses bijoux ne signifie pas uniquement trouver quelqu’un qui propose le prix le plus élevé au gramme.

Il faut avant tout déterminer ce qui donne de la valeur au bijou.

Dans certains cas, ce sera l’or.

Dans d’autres, ce sera la pierre, la marque, la rareté, la qualité de fabrication ou l’histoire de l’objet.

La meilleure vente est donc celle dans laquelle le vendeur comprend exactement ce qu’il possède, pourquoi l’objet vaut un certain prix et quelle solution de vente permet de préserver au mieux cette valeur.